Dans la peau de Chihiro à Shima Onsen
- 1 sept. 2025
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J'avais entendu dire que la très rétro station thermale de Shima Onsen, et plus particulièrement le superbe ryokan (auberge traditionnelle) Sekizenkan, auraient inspiré "Le voyage de Chihiro" et l'ambiance si particulière des bains publics d'Aburaya dans lesquels l'héroïne travaille. C'est donc le trio gagnant préfecture de Gunma + onsen + studio Ghibli qui nous a poussés à réserver une escapade hors du temps à 3 heures de Tokyo.

Le trajet depuis la capitale nippone n'est pas direct mais nous a semblé très simple au départ de la gare de Ueno. Le shinkansen nous a en effet amenés de Tokyo à Nakanojo, où nous avons ensuite pris un bus ayant Shima Onsen pour terminus. À l'aller, le car était rempli de passagers et de valises ; je me suis d'ailleurs vue offrir une grue en origami par une adorable obāsan (grand-mère) qui voulait me remercier de lui avoir laissé ma place assise. C'est donc les larmes aux yeux et le cœur rempli de gratitude que démarre mon court séjour loin de la fièvre de Shinjuku où nous logeons.
Shima signifiant 40 000 en japonais, ce nom aurait été donné à la station thermale en référence au nombre de maladies que ses eaux seraient capables de guérir. Que l'on croie ou non à cette légende, les bienfaits des bains publics et des sources chaudes ne sont plus à prouver. Ajoutez à cela la quiétude d'être au creux de la nature japonaise, l'ambiance brumeuse d'un jour gris de printemps, et le murmure de la rivière qui danse sous l'emblématique pont rouge, nous voilà prêts à enfiler un yukata ("vêtement de bain" en japonais, qui consiste en un kimono léger que l'on porte traditionnellement comme un peignoir) et à passer de bain en bain.
Ayant un peu de temps devant nous jusqu'au check-in de notre hébergement, nous en profitons pour flâner dans le village où les bâtiments semblent figés dans le temps, passons devant les quelques bains publics gratuits d'accès, écumons les boutiques de souvenirs et nous mettons au chaud pour déjeuner. Un délicieux cappuccino et un excellent kare raisu (curry japonais) bien relevé nous attendent chez Kashiwaya Café, où nous profitons de l'ambiance feutrée, de l'odeur du café torréfié et des discussions à la fois discrètes et animées des locaux. Absorbés par notre repas et les scènes du quotidien qui se jouent devant nous, il est déjà l'heure d'aller récupérer notre chambre et de profiter pleinement du all inclusive qui nous attend. Comme nous célébrons l'anniversaire de la mère de mon mari, nous avons opté pour une chambre avec bain privé sur la terrasse, une cuisine kaiseki (cuisine japonaise raffinée que l'on apparente au gastronomique en France) pour le dîner et l'incontournable ichigo shortcake (sponge cake à la fraise) en dessert afin de souffler ses bougies.

Geta (tongs japonaises en bois) enfilées, nous les faisons glisser sur le parquet chantant des galeries qui connectent les différents bâtiments du ryokan, puis les rangeons dans les paniers en osier qui nous accueillent à l'entrée des onsen hommes et femmes séparés : le rituel de l'art du bain japonais peut enfin commencer. L'immersion et la détente sont totales, la vapeur tombe en rideau sur les vitres et miroirs, les senmenki (bassines pour se laver) sont posées sur les tabourets de douche qui sentent bon le bois, les ventilateurs des vestiaires battent leur plein. Nous fermons les yeux et ouvrons nos oreilles aux sons des bains qu'il faut déjà traverser les noren (rideau fixé à l'entrée des bains pour indiquer s'ils sont féminins ou masculins) dans l'autre sens pour aller manger. Les cheveux encore mouillés, les ceintures de nos yukata bien serrées, l'esprit apaisé, le sol en bois qui craque toujours sous le poids de nos corps pourtant plus légers, nous rejoignons la salle privatisée pour notre dîner. L'enchaînement des plats de saison ne se fait pas désirer et l'accord mets et saké nous ravit. Avant de nous coucher, nous fermons nos haori (veste), adoptons des parapluies et partons nous promener autour du ryokan. La pluie s'est en effet invitée et elle rend oniriques les façades de Sekizenkan illuminé.
Le lendemain, nous profitons du petit-déjeuner traditionnel et de derniers sauts de puce dans les bains brûlants. Quelques photos capturées tant qu'il est encore temps, un ultime thé vert pris sur le tatami (revêtement de sol traditionnel japonais) de la chambre, et nous rentrons à Tokyo.
Nous avons dormi…
Nous avons bu et mangé…
𖡡 Déjeuner chez Kashiwaya Café 四万温泉柏屋カフェ
𖡡 Café & pâtisseries à emporter chez Shima Terrace シマテラス
Nous avons vu…
𖡡 La petite boutique de seconde main がらくた民芸
𖡡 La rue commerçante 四万温泉落合通り
𖡡 老舗 髙田屋 𖡡 Kawahara Hot Spring 河原の湯
𖡡 Keiun Bridge 慶雲橋
𖡡 Hagibashi 萩橋
𖡡 Le café & magasin de souvenirs まるみや【土産&カフェ】 𖡡 L'épicier & magasin de souvenirs 岩根屋みやげ店 𖡡 Shio-no-yu Drinking Well 塩之湯飲泉所
𖡡 Yaki Manju Shimamura 焼きまんじゅう 島村
🫧𓇼𓏲*ੈ✩‧₊˚🎐 Les photos des onsen ont été prises lorsque j'étais seule dans les bains privés !



















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